{"id":18025,"date":"2025-04-17T23:12:13","date_gmt":"2025-04-17T23:12:13","guid":{"rendered":"http:\/\/ec2-54-86-215-170.compute-1.amazonaws.com\/index.php\/2025\/04\/17\/farid-sauvignon-ou-lart-du-depouillement-theatral\/"},"modified":"2025-07-17T13:51:22","modified_gmt":"2025-07-17T13:51:22","slug":"farid-sauvignon-ou-lart-du-depouillement-theatral","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/betatest.fokal.org\/index.php\/2025\/04\/17\/farid-sauvignon-ou-lart-du-depouillement-theatral\/","title":{"rendered":"Farid Sauvignon ou l&#8217;Art du D\u00e9pouillement Th\u00e9\u00e2tral"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Inter, serif; font-size: revert;\">Qu&#8217;est-ce qui d\u00e9finit un com\u00e9dien si ce n&#8217;est sa capacit\u00e9 \u00e0 s&#8217;oublier, \u00e0 s&#8217;effacer pour donner naissance \u00e0 un personnage qui transcende les conventions sociales ? Cette lib\u00e9ration des codes \u00e9tablis, cette transformation du corps en une enveloppe au service d&#8217;une incarnation, est au c\u0153ur du m\u00e9tier. Chacun, dans l&#8217;intimit\u00e9 de sa vie, a exp\u00e9riment\u00e9 la nudit\u00e9 et, in\u00e9luctablement, sera confront\u00e9 \u00e0 la mort. Alors, pourquoi cette appr\u00e9hension \u00e0 repr\u00e9senter ces r\u00e9alit\u00e9s fondamentales sur sc\u00e8ne ? D\u00e8s l&#8217;instant o\u00f9 un acteur investit un r\u00f4le, son corps devient le territoire du personnage, un espace temporairement soustrait \u00e0 sa propre identit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Corps Acteur : Mati\u00e8re Premi\u00e8re du Th\u00e9\u00e2tre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le th\u00e9\u00e2tre est intrins\u00e8quement un art corporel, o\u00f9 l&#8217;acteur utilise son corps comme mat\u00e9riau principal. Sur sc\u00e8ne, ce corps est \u00e0 la fois sujet parlant, narrateur et r\u00e9ceptacle de l&#8217;acte th\u00e9\u00e2tral. Avant d&#8217;\u00eatre un art du langage verbal ou visuel, le th\u00e9\u00e2tre est fondamentalement un art du langage corporel. C&#8217;est \u00e0 travers le corps que l&#8217;id\u00e9e prend vie et que l&#8217;\u00e9motion se transmet, vibrant entre la sc\u00e8ne et le public.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce <em>Quai Ouest<\/em> de Bernard-Marie Kolt\u00e8s illustre avec force cette puissance symbolique du corps. Pensons \u00e0 la chute et \u00e0 l&#8217;immobilit\u00e9 de Koch au sol. Lors de la repr\u00e9sentation, une question lancinante se pose : est-ce le com\u00e9dien qui tombe ou le personnage ? L&#8217;acteur peut-il sugg\u00e9rer la chute sans la mimer physiquement ? Cette interrogation r\u00e9v\u00e8le une forme de schizophr\u00e9nie cr\u00e9ative, un d\u00e9doublement constant entre l&#8217;identit\u00e9 propre de l&#8217;acteur et celle du personnage qu&#8217;il interpr\u00e8te.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Stanislavski insistait sur la n\u00e9cessit\u00e9 pour le com\u00e9dien de croire \u00e0 la situation pour rendre son interpr\u00e9tation authentique. S&#8217;il incarne un mort, il doit en \u00eatre intimement convaincu. Seule cette conviction profonde peut transmettre au spectateur une image v\u00e9ritable de la mort. Pourtant, simultan\u00e9ment, son corps biologique continue de fonctionner, t\u00e9moignant de sa vitalit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette tension dialectique entre le r\u00e9el \u2013 le corps vivant de l&#8217;acteur \u2013 et la fiction \u2013 le corps mort du personnage \u2013 est un fil conducteur dans le th\u00e9\u00e2tre de Farid Sauvignon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque la mort est repr\u00e9sent\u00e9e sur sc\u00e8ne avec une cr\u00e9dibilit\u00e9 saisissante, elle se m\u00e9tamorphose en une exp\u00e9rience esth\u00e9tique pour le spectateur. Elle peut m\u00eame acqu\u00e9rir une forme de beaut\u00e9, non pas dans sa dimension tragique, mais dans l&#8217;artifice qui la sublime en po\u00e9sie. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette tension entre la r\u00e9alit\u00e9 brute et l&#8217;artifice th\u00e9\u00e2tral qui nous offre la possibilit\u00e9, en tant que spectateurs, de contempler la mort, non pas comme une fin abrupte, mais comme une \u0153uvre \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Farid, un com\u00e9dien avec qui j&#8217;ai eu le privil\u00e8ge de collaborer longuement et \u00e0 qui j&#8217;ai confi\u00e9 des r\u00f4les particuli\u00e8rement exigeants \u2013 impliquant parfois la nudit\u00e9 ou l&#8217;incarnation de la mort \u2013 a toujours su relever ces d\u00e9fis avec une maturit\u00e9 surprenante, d\u00e8s le d\u00e9but de sa carri\u00e8re. Ma premi\u00e8re rencontre avec Farid sur sc\u00e8ne remonte \u00e0 l&#8217;Institut Fran\u00e7ais en Ha\u00efti, au Bois Verna, lors de la repr\u00e9sentation de <em>La mort d\u2019Alexandre Sutto<\/em> de Dumitru Crudu, mise en sc\u00e8ne par Beno\u00eet Vitse, en 2007. \u00c0 cette \u00e9poque, notre amiti\u00e9 n&#8217;avait pas encore \u00e9clos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette pi\u00e8ce marquante, Farid interpr\u00e9tait un personnage paradoxalement nu et mort. Ces deux \u00e9tats, si profond\u00e9ment artistiques, illustrent avec \u00e9loquence le concept de d\u00e9pouillement, un processus qui d\u00e9passe la simple d\u00e9nudation physique pour atteindre l&#8217;essence m\u00eame de l&#8217;acteur : un abandon total au service du personnage qu&#8217;il habite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le docteur Philippe Desmangles, ancien professeur au Petit Conservatoire, avait consacr\u00e9 un article \u00e9logieux au succ\u00e8s de la pi\u00e8ce, publi\u00e9 dans les colonnes du Nouvelliste. Cependant, son commentaire final m&#8217;avait laiss\u00e9 un go\u00fbt amer, me semblant manquer de respect envers le travail des artistes, et plus particuli\u00e8rement envers Katiana Milfort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" alignright size-full wp-image-18024\" style=\"margin: 5px 0px 5px 10px; float: right;\" src=\"http:\/\/ec2-54-86-215-170.compute-1.amazonaws.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Peze_kou.png\" alt=\"Peze kou\" width=\"542\" height=\"407\" \/>Je me souviens de cet extrait : <em>Le nu a gravi les planches. Katia, mardi, ferma sa robe et se couvrit chastement d\u2019un drap lors de sa prestation sur le balcon. Les voyeurs n\u2019eurent qu\u2019\u00e0 se satisfaire d\u2019une vision fugace de son corps de dos, chevauchant le cadavre du Prince Sutto (Farid, \u00e9galement nu), mort aux chiottes depuis trois jours\u2026 Mais c\u2019est l\u00e0 que repose le probl\u00e8me. Le nu des acteurs constitua un spectacle dans le spectacle. Il est \u00e0 se demander si, en fin de compte, ce n\u2019est pas le c\u00f4t\u00e9 voyeur qui attira les spectateurs (en tout cas, pour moi, ce fut le cas) et le c\u00f4t\u00e9 scandale qui motiva le metteur en sc\u00e8ne. Car, en fait, les dialogues, \u00e0 part quelques boutades, n\u2019\u00e9taient gu\u00e8re brillants, et l\u2019intrigue, peu d\u00e9velopp\u00e9e, trop pr\u00e9cipit\u00e9e \u00e0 la fin. Ce qui a sauv\u00e9 cette pi\u00e8ce du flop total, ce sont le talent extraordinaire des acteurs et\u2026 les fesses de Katia !<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma premi\u00e8re collaboration sc\u00e9nique avec Farid Sauvignon a eu lieu en Guadeloupe en 2014. Ensemble, nous interpr\u00e9tions Le Cercueil, une pi\u00e8ce singuli\u00e8re co-cr\u00e9\u00e9e par La Brigade d\u2019Intervention Th\u00e9\u00e2trale \u2013 Ha\u00efti et les metteurs en sc\u00e8ne de la troupe de th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Unit\u00e9, Jacques Livchine et Herv\u00e9e de Lafond.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette pi\u00e8ce reposait sur un concept audacieux : un groupe de com\u00e9diens invitait le public \u00e0 exp\u00e9rimenter la mort, le temps d&#8217;une repr\u00e9sentation. Un spectateur volontaire acceptait de &#8220;faire le grand voyage&#8221; et, pendant quarante-cinq minutes, enferm\u00e9 dans un cercueil, il vivait tous les rituels associ\u00e9s \u00e0 de v\u00e9ritables fun\u00e9railles : chants fun\u00e8bres, chants vaudous, pleurs, transe, sermon et danse rythmaient cette c\u00e9r\u00e9monie hors du commun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Farid, \u00e0 l&#8217;instar de tous les autres com\u00e9diens de <strong>La Brigade<\/strong>, s&#8217;investissait corps et \u00e2me dans cet exercice th\u00e9\u00e2tral radical. En Guadeloupe, le public s&#8217;est montr\u00e9 particuli\u00e8rement r\u00e9ticent \u00e0 se pr\u00eater au jeu. L&#8217;exp\u00e9rience fut similaire en Ha\u00efti, devant le local de la Fokal : la mort demeure un sujet tabou au sein de nos communaut\u00e9s. Que ce soit en Guadeloupe ou en Ha\u00efti, on ne badine pas avec la mort. Elle est une affaire profond\u00e9ment s\u00e9rieuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne sais pas si je suis intrins\u00e8quement fascin\u00e9 par la mort \u2013 je ne le crois pas, d&#8217;ailleurs. Mais je suis attir\u00e9 par la repr\u00e9sentation sur sc\u00e8ne de ce qui rel\u00e8ve du tabou. L&#8217;essence m\u00eame du th\u00e9\u00e2tre r\u00e9side dans l&#8217;ag\u00f4n, dans le conflit, parfois m\u00eame dans le crime.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Farid a toujours accept\u00e9 de se lancer dans ces explorations avec moi. Notre seconde exp\u00e9rience commune autour des th\u00e8mes de la mort et de la nudit\u00e9 s&#8217;est d\u00e9roul\u00e9e en 2018, avec la pi\u00e8ce <em>Erzuli Dahomey, d\u00e9esse de l\u2019amour<\/em> de Jean-Ren\u00e9 Lemoine, pr\u00e9sent\u00e9e au festival En lisant. Farid y incarnait le r\u00f4le du fant\u00f4me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le site Th\u00e9\u00e2tre contemporain, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne actuelle, le personnage du fant\u00f4me est succinctement pr\u00e9sent\u00e9 ainsi : \u00ab <strong>Un fant\u00f4me erre, et ce n\u2019est pas celui de Tristan. La m\u00e8re du fant\u00f4me vient r\u00e9clamer le corps de son fils.<\/strong> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette \u00e9vidence de la finitude, que nous nommons la mort, est un th\u00e8me r\u00e9current dans mon travail th\u00e9\u00e2tral. Une autre exploration sc\u00e9nique de ce th\u00e8me, partag\u00e9e avec Farid, se trouve dans ma mise en sc\u00e8ne de la pi\u00e8ce <em>Le Ch\u00eane endormi<\/em> d&#8217;Andrise Pierre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette pi\u00e8ce narre l&#8217;histoire d&#8217;une jeune dramaturge qui d\u00e9cide de revenir sous le toit familial pour confronter sa m\u00e8re. Apr\u00e8s la mort de son p\u00e8re violent, elle annonce son intention d&#8217;\u00e9crire une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre pour raconter leur histoire familiale. Sa m\u00e8re s&#8217;oppose cat\u00e9goriquement \u00e0 ce projet, estimant que cette histoire ne lui appartient pas et qu&#8217;elle n&#8217;a pas le droit de se l&#8217;approprier. La s\u0153ur de la dramaturge partage cet avis, persuad\u00e9e que la jeune femme devrait plut\u00f4t faire son deuil en cherchant \u00e0 comprendre le d\u00e9funt.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la pi\u00e8ce d&#8217;Andrise Pierre, le personnage du p\u00e8re violent est \u00e9voqu\u00e9, mais il ne constitue pas un personnage \u00e0 part enti\u00e8re. En r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 la mise en sc\u00e8ne, j&#8217;ai trouv\u00e9 pertinent de le mat\u00e9rialiser et de le faire appara\u00eetre physiquement sur sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, il entre avant la deuxi\u00e8me sc\u00e8ne et se place sur un plot symbolisant sa tombe. Une lumi\u00e8re sombre le baigne. Toutes les sc\u00e8nes suivantes se d\u00e9roulent avec la pr\u00e9sence de ce corps en position verticale, mais dans la convention \u00e9tablie avec le public, nous convenons qu&#8217;il est couch\u00e9 dans sa tombe \u00e0 un moment, puis dans son cercueil lors des fun\u00e9railles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce spectacle allait marquer le dernier passage de Farid. Il nous a quitt\u00e9s pr\u00e9matur\u00e9ment, emport\u00e9 par un cruel AVC, le troisi\u00e8me. Il avait seulement 41 ans. Nous avions pr\u00e9vu de reprendre <em>Le Ch\u00eane endormi<\/em> au festival Quatre Chemins, et cela a pu se faire, mais sans Farid.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Farid \u00e9tait une personne d&#8217;une timidit\u00e9 et d&#8217;une r\u00e9serve profondes ; il parlait peu. On ne pouvait jamais vraiment saisir le fond de sa pens\u00e9e. Il semblait faire corps avec le silence, dans toutes ses nuances. Pourtant, sur sc\u00e8ne, son corps s&#8217;exprimait avec une \u00e9loquence qui surpassait ses mots.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Farid n&#8217;appr\u00e9ciait gu\u00e8re les personnages de th\u00e9\u00e2tre trop loquaces. Il pr\u00e9f\u00e9rait ceux qui s&#8217;exprimaient par le geste et le mouvement. Ses personnages \u00e9taient souvent chor\u00e9graphi\u00e9s de mani\u00e8re \u00e0 interroger les tabous : la nudit\u00e9, la mort, la sexualit\u00e9. Son corps, marqu\u00e9 par un AVC, a toujours \u00e9t\u00e9 au service d&#8217;un th\u00e9\u00e2tre de l&#8217;\u00e9pure, du d\u00e9pouillement et d&#8217;un affranchissement audacieux des normes sociales.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Eli\u00e9zer Gu\u00e9rism\u00e9<br \/>\n9 avril 2025<br \/>\nDelmas 95, route de Jacquet<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu&#8217;est-ce qui d\u00e9finit un com\u00e9dien si ce n&#8217;est sa [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":18023,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"give_campaign_id":0,"footnotes":""},"categories":[140],"tags":[],"class_list":["post-18025","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nos-programmes"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/betatest.fokal.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18025","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/betatest.fokal.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/betatest.fokal.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/betatest.fokal.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/betatest.fokal.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18025"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/betatest.fokal.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18025\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18804,"href":"http:\/\/betatest.fokal.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18025\/revisions\/18804"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/betatest.fokal.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18023"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/betatest.fokal.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18025"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/betatest.fokal.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18025"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/betatest.fokal.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18025"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}